Home Actualités au Sénégal CONSEIL PRÉSIDENTIEL SÉN ÉGAMBIEN SUR LE TRAFIC ILLICITE DE BOIS
Actualités au Sénégal - 3 semaines ago

CONSEIL PRÉSIDENTIEL SÉN ÉGAMBIEN SUR LE TRAFIC ILLICITE DE BOIS

Les forestiers ruminent des «rancœurs noires»

Le conseil présidentiel mixte entre le Sénégal et la Gambie, tenu à Dakar, suite une spoliation de 300.000 tonnes de bois rose provenant de la forêt casamançaise vers la Chine, ce depuis seulement l’arrivée au pouvoir d’Adama Barrow, en 2017, suscite un débat interminable. Le cœur de chaque forestier saigne présentement et des rancœurs noires sont ruminées.

L’on ne sait pas si, en privé, Macky Sall a remonté les bretelles à Adama Barrow, si le chef de l’Etat sénégalais a mis son homologue gambien devant ses responsabilités à propos de ce fléau qui menace l’écosystème de la Casamance. Il a estimé qu’une collaboration s’imposait aux deux pays pour mettre un terme au trafic illicite de bois. Devant Adama Barrow, Macky Sall a agité l’éventualité d’un alourdissement des peines encourues par trafiquants de bois et leurs complices afin de mieux combattre le trafic illicite de bois, à l’origine de la dégradation des forêts et de la mise en péril des conditions de vie des populations. ‘’Nous continuerons de mobiliser tous les moyens nécessaires pour mettre fin à cette pratique néfaste, y compris par un alourdissement des peines prévues à cet effet’’, a-t-il indiqué. Selon le président de la République, le trafic illicite de bois est en train de décimer les forêts, d’appauvrir la biodiversité et de mettre en péril les conditions de vie des populations des deux pays. ‘’Je veux dire fermement aux coupeurs de bois, aux trafiquants et à leurs complices que nous ne leur laisserons aucun répit’’, a averti le chef de l’Etat sénégalais.  

Cette situation est le  résultat d’un long processus de sous-équipement, de sous dotation en personnel et d’ignorance progressive des pratiques forestières de base et d’aménagement acté. Il s’y ajoute la longue absence d’un dialogue forestier Sénégambien (dont les fameuses tournées conjointes Sénégalo-gambien le long de la frontière) qui avait à l’époque sauvé les grands massifs frontaliers de la forêt sénégalaise. Les forestiers disent se souvenir de l’envahissement de la forêt de Baria à partir de Gambie alors sévèrement réprimé par l’inspection du Sine-Saloum (Malick Fall n’est plus parmi eux, hélas, mais Amadou Ndiaye, lui, se souvient). Aujourd’hui, ce qui à aggravé la situation, pensent-ils, c’est un « double banditisme d’Etats », ce qui, disent-ils, se traduit par le terme américain de « Rogue state » (Etat voyou). Et d’indiquer : « Oui la Gambie, pays frère, et la Chine, pays ami), il faut le dire, se comportent, ici, en « Etats voyous ». On avait espéré avec l’avènement de l’ère Barrow que les nuages sulfureux voisins allaient être balayés, mais ‘’Non’’, hélas. L’analyse de ce phénomène ne peut contenir ici ».  Ensuite, ont-ils poursuivi, « il y a une alliance de la corruption d’acteurs des Administrations et de certains gros bonnets Gambiens et/ou Sénégalais, maniant FCFA et DALASI dans un environnement humain pauvre  (zahir et baatin) ». Aujourd’hui, selon nos interlocuteurs, « c’est la tempête qui se joue de nouveau après l’incident précurseur des Bayottes dont on n’a pas tiré suffisamment les leçons ». La sortie de crise demandera, à les en croire, de « poser des actes spectaculaires mais pratiques sur le détail desquels ARAFS est outillé pour aider ». Des têtes vont « tomber », disent-ils avoir entendu de partout. Et si « c’est le cas », de penser que des « innocents paieront » hélas ! Des têtes ne manqueront certes pas de « tourner », s’offusquent-ils, mais cela, à leurs yeux, « devrait arriver en connaissance de cause » mais à la suite d’« enquêtes sérieuses », de « discussion de fond » et d’« orientations ultérieures de l’organisation forestière en Casamance… ». Ils se veulent d’avis que « Si l’on tombe sous le coup de l’émotion, avec des accusations faciles à tout vent, rien ne sera réglé ».

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