Home Actualités au Sénégal FAUX MÉDICAMENTS DE TOUBA BÉLEL : LE PROCÈS EN APPEL MIS EN DÉLIBÉRÉ AU 22 JUILLET

FAUX MÉDICAMENTS DE TOUBA BÉLEL : LE PROCÈS EN APPEL MIS EN DÉLIBÉRÉ AU 22 JUILLET

La cour d’appel de Thiès a mis en délibéré lundi au 22 juillet le procès en appel de l’affaire des faux médicaments de Touba Bélel, à l’issue de laquelle Barra Sylla et son co-prévenu Amadou Oury Diallo avaient été condamnés, respectivement, à sept et cinq ans ans d’emprisonnement ferme. Ce lundi, Bara Sylla a comparu seul devant la Cour d’appel de Thiès, son co-prévenu Amadou Oury Diallo ayant bénéficié d’une grâce présidentielle. Il avait en face une partie civile représentée par le président du Syndicat des pharmaciens, Assane Diop et le président de l’Ordre de cette même corporation, le Docteur Ndiaye Sall. Le procès a duré plus de six heures d’horloge. Barra Sylla, commerçant au marché Okaz de Touba, a été arrêté à Dakar, après que deux camions transportant des faux-médicaments d’une valeur estimée à 1,3 milliard de francs CFA avaient été arrêtés le 11 novembre 2017 à Touba Bélel. Désigné comme le destinataire de la marchandise illicite, il était poursuivi au même titre que son co-prévenu, Amadou Oury Diallo pour association de malfaiteurs, exercice illégal de la profession de pharmacien et complicité de contrebande. La dernière infraction avait finalement été requalifiée par le Tribunal de grande instance de Diourbel en intéressé à la fraude. L’avocat général a invité la Cour d’appel à ‘’infirmer partiellement’’ la décision des premiers juges et à ramener la peine de 7 à quatre ans pour être plus ‘’juste’’ et à dispenser Amadou Diallo de l’exécution de la peine. Il était condamné à cinq ans par le Tribunal de grande instance de Diourbel.  Me Khassimou Touré, l’un des avocats de la défense a dit ne pas être satisfait de la réquisition du procureur général, y voyant l’effet d’un ‘’problème de conscience’’ et d’une ‘’gêne’’, liés au fait de devoir condamner Barra Sylla, en l’absence de son co-prévenu, gracié. Il a invité la Cour à ‘’ramener les choses à leurs jutes proportions’’ et ne pas céder à la ‘’clameur publique’’ et à la ‘’passion’’, et à juger sur la base des faits qui lui sont soumis. Concernant la procédure, il a souligné un ‘’manque de cohérence’’ et l’incomplétude du dossier. Il qualifie de ‘’tendancieuse’’ la démarche du juge d’instruction, consistant à s’attacher l’expertise de pharmaciens, pour évaluer la valeur des médicaments incriminés. Les pharmaciens ne peuvent pas être ‘’juges et parties’’, relève-t-il, notant aussi qu’ ‘’aucune pièce comptable’’ n’a été présentée au juge pour attester de la valeur de 1,3 milliard avancée, sans ‘’aucune base scientifique’’.  Me Touré dit aussi n’accorder ‘’aucun crédit’’ aux réquisitions téléphoniques, dont certains numéros étaient ‘’masqués’’. Il déplore aussi l’audition de son client, en l’absence, selon lui, d’un conseil. Enfin, il reproche au juge d’instruction de n’avoir pas entendu toutes les personnes citées dans cette affaire, et dont les numéros de téléphone et adresses en Guinée de trois d’entre elles, sont connus. Une commission rogatoire ou Interpol pouvaient l’y aider.  Son collègue de la défense, Me Adama Gaye, a rejeté le chef d’association de malfaiteurs, qui suppose que les prévenus ‘’aient au préalable élaboré un projet’’. En l’espèce, les deux mis en cause sont entrés en contact après la consommation de l’infraction, précise-t-il. Quid de la contrebande, il relève que la fausse déclaration est le fait, non de Bara Sylla, mais bien d’Amadou Oury Diallo, qui avait déclaré transporter du son de blé, qui ne servait en réalité qu’à dissimuler de faux médicaments. Le seul fait qui peut être reproché à Barra Sylla, est d’avoir importé des médicaments, a-t-il dit, ajoutant qu’on ne peut parler d’exercice illégal du métier de pharmacien que quand la personne mise en cause ouvre une officine, reçoit des ordonnances et vend des médicaments. Ce qui n’est pas le cas pour son client. Me Abdoulaye Babou, qui dirigeait le pools d’avocats de la partie civile, estime que la Cour d’appel ne devrait pas ‘’faire moins’’ que les premiers juges qui ont tranché cette affaire. La santé publique est menacée face à une ‘’mafia’’ qui se fait de l’argent, en ‘’tuant de pauvres Sénégalais’’, et en profitant de la ‘’faiblesse de l’Etat’’ face ce phénomène qui gangrène, surtout la ville de Touba, où il réside lui-même, a-t-il dit. Il soutient que le départ d’Amadou Oury Diallo a été ‘’orchestré par des gros bonnets’’. Cette marchandise ne pouvait quitter la Guinée pour le Sénégal sans que de l’argent n’ait été déboursé auparavant, relève Me Sidy Kanouté, l’un des avocats de la partie civile. Il déplore le fait que l’avocat général ait demandé à ce qu’Amadou Oury Diallo soit dispensé de peine. Ce qui, selon lui, lui donne l’opportunité de revenir encore au Sénégal et d’échapper à la récidive, au cas où il serait encore pris. Pour Me Magloire Ayi, le chef d’association de malfaiteurs est établi, puisque le prévenu a déclaré s’être rendu en Guinée pour rencontrer Amadou Oury Diallo. Soulignant le ‘’chapelet de maladies’’ dont souffrent les populations du fait de l’usage des faux-médicament, il a rappelé aux juges leur ‘’lourde mission de montrer la voie à ceux qui veulent prendre une autre voie’’. Le président de la Cour Souleymane Téliko a mis l’affaire en délibéré au 22 juillet.

APS

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