Trois jours après la crue qui a ravagé des localités isolées de l’Himalaya, des survivants ont commencé à regagner leurs villages au Népal. La réouverture des routes par des bulldozers leur permet d’accéder de nouveau aux zones sinistrées, dans l’espoir de récupérer des effets personnels ou de mesurer les destructions.

Selon le dernier bilan cité, la catastrophe a fait 750 morts et 3 044 disparus dans les deux pays voisins. Des experts et scientifiques attribuent le drame à l’effondrement d’un glacier, qui a transformé des cours d’eau en un puissant flot chargé de débris.

Dhunge englouti par les eaux

À Dhunge, près de la frontière chinoise, la vague a entièrement submergé le village mercredi matin. Des maisons détruites restent prises dans une épaisse boue grise. De nombreux habitants ont été emportés ; ceux qui étaient sur les hauteurs ou qui ont pu fuir ont survécu.

Les opérations de retour se déroulent dans des conditions difficiles. À Dhunge, Navraj Upretti a tenté de rejoindre sa maison, enfouie sous la boue, afin de récupérer des documents. Aidé par deux sauveteurs munis de pelles, il a fouillé les lieux sans retrouver les papiers recherchés. Les documents découverts appartenaient à un voisin.

Des biens disparus, des familles épargnées

À Devighat, Hari Prasad Rimal, 44 ans, est revenu chez lui après avoir évacué en urgence. Il espérait retrouver des bijoux et de l’argent liquide, mais n’a récupéré qu’une photographie de sa fille, accrochée à un placard ayant flotté. Son commerce, situé plus en amont, demeure inaccessible ; des images réalisées par drone montrent à son emplacement un terrain boueux et des débris.

Santosh Adhikari se trouvait à Katmandou lorsque la crue a atteint Dhunge. À son retour, il a découvert sa maison totalement ensevelie.

Les secours face aux débris et aux corps

Les secouristes retrouvent parfois des objets personnels, notamment des bijoux, qu’ils mettent de côté. Mais les recherches sont compliquées par des amas de débris atteignant le niveau des genoux et par une forte odeur de putréfaction. Les équipes présentes sur le terrain estiment que des corps se trouvent encore sous la boue.