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Actualités au Sénégal - 2 semaines ago

LES CHEMINS DE FER, UN OUTIL D’INTÉGRATION AFRICAINE

Le réseau de chemin de fer Dakar-Niger a favorisé un réel brassage entre les populations des pays traversés par la ligne, dont une bonne partie s’était installée à Thiès, dans l’ouest du Sénégal, rappelent des cheminots.
’’Les quartiers Aiglon, DVF (Derrière la voie ferrée), jusqu’à la cité Ballabey (devenue cité Ibrahima-Sarr) et la Cité Pilot étaient majoritairement habités par des cheminots voltaïques (ex-habitants de la Haute-Volta, devenue Burkina Faso), maliens et sénégalais’’, relève Cheikh Mademba Ndiaye, un cheminot déflaté en 2003, habitant la cité Ibrahima-Sarr.
Le secrétaire général du SUTRAIL, syndicat majoritaire de cheminots, Mambaye Tounkara, rappelle qu’à Aiglon, où il réside, habitaient des Béninois, des Sénégalais, des Maliens, des Nigériens. ‘’Nos voisins sont des Béninois’’, dit-il, ajoutant : ‘’Moi qui vous parle, je suis d’origine malienne.’’
‘’Tous ces gens étaient venus par le truchement des chemins de fer’’, dit-il. Il y a beaucoup de Voltaïques qui sont rentrés, d’autres sont restés, se sont mariés et sont morts au Sénégal. 
Il note que les Voltaïques venaient surtout pour l’armée et les chemins de fer. ‘’Seuls leurs hommes venaient’’, relève-t-il, précisant par ailleurs que certains d’entre eux étaient reconnaissables à leurs balafres et leur code vestimentaire.
Mais ce type d’immigration ‘’était plus accentué chez les Maliens qui étaient plus nombreux. C’étaient aussi bien des hommes et des femmes’’, explique Cheikh Mademba Ndiaye, qui a été secrétaire général chargé des revendications du Syndicat national des cheminots du Sénégal de 1995 à 1997.
‘’Il y avait des cheminots maliens qui épousaient des Sénégalaises et vice-versa’’, dit-il. Selon un retraité, l’actuel quartier de Som était celui des Maliens.
Beaucoup avaient acheté des maisons et s’étaient installés à Thiès. Mais après l’éclatement de la Fédération du Mali, ils étaient nombreux à avoir été refoulés et n’avaient même pas eu le temps de vendre leurs maisons. Beaucoup de ces propriétés étaient restées inhabitées pendant longtemps, raconte-t-il.
Tout au début, ceux d’entre eux qui voulaient prendre la nationalité sénégalaise et rester avaient changé de nom de famille, pour mieux s’intégrer. Ils trouvaient des correspondances entre patronymes maliens et sénégalais. 
Ainsi, ‘’Diarra devenait Ndiaye, Traoré devenait Diop, Coulibaly, Fall’’, etc., relève M. Ndiaye, actuel gérant de la Mutuelle des cheminots retraités. Il précise que ‘’ce n’était pas des règles écrites, mais ils le faisaient comme ça’’. ‘’Finalement, ils conservaient leurs noms d’origine et parvenaient à obtenir la nationalité sénégalaise.’’ 
Mambaye Tounkara note que ‘’l’aspect socio-économique et d’intégration des peuples africains’’ par le biais des chemins de fer était une réalité. ‘’Le chemin de fer a favorisé ce brassage ethnique’’, ajoute-t-il.

aps

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