À l’occasion du Gamou de Tivaouane, le président Bassirou Diomaye Faye a appelé à faire de l’héritage religieux du Sénégal un pilier de l’avenir national. Cet appel place la transmission de cet héritage au centre des réponses aux bouleversements contemporains et aux risques d’intolérance dans l’espace public.
Selon les éléments rapportés, le patrimoine religieux ne se limite ni aux lieux ni aux souvenirs. Il comprend un héritage spirituel, intellectuel et moral, construit au fil des générations, associé notamment à la connaissance, à la dignité, à la solidarité et à la paix.
Préserver sans confondre religion et pouvoir
Le Sénégal est présenté comme un pays marqué par l’islam confrérique, dans un cadre ayant conservé sa diversité. Les relations entre musulmans et chrétiens, ainsi que les parcours de Cheikh Oumar Foutiyou Tall, Cheikh Ahmadou Bamba, El Hadji Malick Sy, Cheikh Ibrahima Niass, Thierno Seydou Nourou Tall et du cardinal Hyacinthe Thiandoum, sont cités comme des repères de cette histoire.
La démarche proposée repose sur la connaissance, la préservation, la transmission et la mise en valeur de cet héritage au moyen de politiques publiques. Elle n’implique pas, selon le texte, la mise en place d’un État religieux : la République demeure garante de la liberté de conscience, tandis que les religions peuvent participer librement au bien commun.
Répondre aux discours de haine
L’appel intervient dans un contexte où la violence du langage et les tentations d’intolérance sont observées jusque sur les réseaux sociaux. Les discours de haine peuvent opposer les groupes et faire de la différence une menace, souligne le texte.
Les autorités religieuses sont appelées à ne pas servir de caution au pouvoir politique, mais à interpeller les gouvernants sur la justice, l’humilité, la vérité, la compassion et le service. La prévention de la violence est également présentée comme une responsabilité partagée par l’État, les familles, l’école, les médias, les intellectuels, la société civile, les responsables politiques et les plateformes numériques.
Cette orientation est rapprochée d’une démarche engagée à Fès en avril 2015, avant le lancement du Plan d’action de Fès aux Nations unies, à New York, le 14 juillet 2017, par António Guterres.