Le ministère de l’Économie affirme que les ajustements de la LFR 2026 ne signifient pas l’abandon des grands projets. Le Quotidien du 26 octobre revient sur sa présentation de dix-neuf opérations d’investissement, réparties entre programmes maintenus, soutenus ou reprogrammés.
Parmi les opérations citées figurent les centres de santé, la route Mékhé-Pékesse-Thilmakha, des équipements de la Sonacos et l’Université du Sénégal oriental. Le programme des 30 000 logements conserverait des mesures d’accompagnement fiscal et douanier. Le grand transfert d’eau du lac de Guiers vers Touba est présenté comme un dossier dont certaines dépenses sont reportées.
Les explications gouvernementales insistent sur les études et les opérations préalables d’indemnisation. L’As rapporte qu’une enveloppe de 13,8 milliards de francs CFA est prévue pour ce volet dans le projet de budget 2027, avec un ajustement possible selon l’avancement des opérations. Il s’agit d’une prévision, et non d’un paiement déjà réalisé.
Pour les populations, le maintien d’un projet dans une programmation n’épuise pas la question de son exécution. La chaîne qui mène à une infrastructure comporte plusieurs étapes : préparation technique, financement, contractualisation, éventuelles libérations d’emprises, réalisation puis mise en service. Un retard à l’une de ces étapes peut décaler les suivantes, même lorsque l’objectif politique reste affiché.
Dans le cas d’un transfert d’eau, la question des indemnisations concerne directement les personnes et les activités touchées par les travaux. Le montant inscrit dans un budget ne remplace pas le recensement des ayants droit, l’évaluation des préjudices et les procédures applicables. Ces opérations doivent être distinguées du financement des ouvrages eux-mêmes.
Les projets maintenus ne sont pas non plus nécessairement tous au même degré de maturité. Une route en travaux, un équipement en commande et une infrastructure encore à l’étude demandent des calendriers et des décaissements différents. La lecture d’ensemble doit donc être complétée par le suivi de chaque opération.
Le gouvernement présente ses arbitrages comme un réétalement tenant compte des moyens disponibles. Le contrôle de leur exécution permettra de vérifier si les engagements annoncés sont suivis des crédits, des marchés et des réalisations correspondants. Pour les territoires concernés, la visibilité sur ces étapes demeure aussi importante que la confirmation du principe du projet.
Senegalinfos
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