Le gouvernement entend attirer des investisseurs internationaux et des fonds souverains pour financer sa politique du logement. Au salon SENHABITAT 2026, Moussa Bala Fofana a présenté le Programme national d’accès au logement et de rénovation urbaine comme un instrument de mobilisation de ces capitaux, rapporte Libération.

Le ministre évoque un déficit estimé à 500 000 logements et une ambition de construction de 30 000 unités par an. L’enveloppe associée à cet objectif est évaluée à 800 milliards de FCFA, au-delà des seules capacités de financement public et bancaire local.

L’offre annoncée comprend la mobilisation de 17 000 hectares, un accès facilité aux matériaux dans huit pôles territoriaux et une zone de 4 000 hectares le long de l’autoroute Ila Touba pour l’industrie du logement préfabriqué.

Ces chiffres décrivent les objectifs et les moyens proposés aux investisseurs. Ils ne signifient pas que les financements sont déjà tous réunis, que les terrains ont été attribués ou que les logements ont été construits.

Un programme, un besoin estimé et un rythme visé

Le déficit de 500 000 logements et l’objectif de 30 000 unités par an ne sont pas deux mesures d’une même période. Le premier décrit un besoin estimé, le second une ambition de production annuelle. À besoin constant et à rythme intégralement atteint, leur simple rapport serait d’environ 16,7 années. Ce calcul théorique n’est pas un calendrier officiel : il ne tient compte ni de l’évolution des besoins ni des conditions réelles de réalisation.

Les 800 milliards de FCFA et les surfaces annoncées doivent également être lus comme des éléments du programme présenté. L’identification d’un foncier potentiel ne vaut pas démarrage d’un chantier ; l’appel aux investisseurs ne signifie pas que toutes les conventions de financement sont signées.

Les étapes qui permettront d’apprécier l’avancement

Le suivi devra distinguer les terrains effectivement mobilisés, les opérations financées, les travaux engagés et les logements livrés. Ces étapes répondent à des contraintes différentes et ne peuvent pas être remplacées par un seul chiffre d’intention.

Pour les ménages, l’utilité du programme dépendra aussi des conditions d’accès : prix, modalités de paiement, équipements, localisation et calendrier de livraison. Aucune promesse individuelle d’attribution ne découle de la présentation faite au SENHABITAT. Les annonces sur les pôles et les matériaux décrivent une stratégie industrielle et territoriale ; les programmes opérationnels devront préciser les offres réellement accessibles.