L’évaluation PASEC2024 révèle un contraste entre les progrès des premières années d’école et les difficultés en fin de primaire. Selon la CONFEMEN, 75 % des élèves évalués à ce dernier niveau restent sous le seuil minimal de compétences en mathématiques, contre 62 % en 2019.

En lecture, la proportion sous ce seuil passe de 52 % à 62 % sur la même période. Ces résultats concernent l’ensemble des seize pays participants : les présenter comme des taux nationaux sénégalais serait inexact.

Le programme porte le nom PASEC2024, mais les données ont été recueillies en 2025. Ses résultats ont été présentés à Dakar le 22 octobre 2026. En début de primaire, les évolutions sont plus favorables, avec un recul de la proportion d’élèves en grande difficulté.

Pour le Sénégal, les comptes rendus signalent une amélioration de la lecture au début du cycle, accompagnée d’un recul en fin de primaire. L’enjeu soulevé par l’évaluation est donc aussi celui de la consolidation des acquis tout au long de la scolarité.

Deux évolutions différentes selon le niveau

Le contraste entre le début et la fin du primaire est essentiel pour lire ces résultats. Dans la série rapportée pour le début de scolarité, la proportion sous le seuil en lecture passe de 71 % à 41 % entre 2014 et 2025 : la baisse atteint 30 points. En mathématiques, le passage de 47 % à 26 % représente une diminution de 21 points. Ces améliorations ne décrivent pas les résultats des mêmes élèves suivis individuellement pendant onze ans.

En fin de primaire, les comparaisons présentées avec 2019 indiquent au contraire une progression des difficultés : de 62 % à 75 % en mathématiques, soit 13 points, et de 52 % à 62 % en lecture, soit 10 points. Un point de pourcentage est un écart entre deux proportions ; il ne doit pas être confondu avec une variation relative en pour cent.

Ce que cela change dans la lecture du débat scolaire

Un résultat global portant sur seize pays ne devient pas automatiquement le taux du Sénégal. Il faut distinguer les données régionales des tableaux nationaux et conserver le niveau scolaire évalué. L’information sur une amélioration sénégalaise en début de primaire ne permet donc pas de conclure à une progression identique à la sortie du cycle.

Pour orienter les réponses éducatives, ces résultats invitent à examiner séparément l’entrée dans les apprentissages et leur consolidation. Ils ne démontrent pas, à eux seuls, la responsabilité d’une réforme, d’un enseignant ou d’une catégorie de familles. Une explication des écarts demande de croiser les données d’évaluation avec les conditions d’enseignement et les caractéristiques des établissements.