Une opération humanitaire conjointe entre la Russie et l’Ukraine a permis l’évacuation d’habitants d’Olechky, dans l’oblast de Kherson, le 30 octobre, rapporte TV5MONDE. La ville, occupée par la Russie depuis 2022, se trouve sur la rive opposée de Kherson, séparée par le Dniepr.

Cette initiative s’est déroulée sous un cessez-le-feu local instauré depuis quatre jours dans la région et annoncé jusqu’au soir du 1er novembre. Moscou et Kyiv ont publié des textes identiques assurant que les personnes souhaitant partir pourraient le faire « en toute sécurité », tandis que celles qui resteraient devaient recevoir une aide humanitaire.

Un convoi de bus et d’ambulances

Le dispositif comprenait 25 bus, neuf ambulances et du matériel humanitaire, selon Iana Lantartova, médiatrice russe pour les droits humains. Il devait acheminer des vivres et des médicaments, tout en conduisant les évacués vers la Russie ou vers les zones contrôlées par l’Ukraine, selon leur choix.

D’après le média, environ 2 000 personnes, dont 50 enfants, étaient encore présentes dans cette ville qui comptait près de 25 000 habitants avant la guerre. Ksenia Arkhipova, une bénévole ayant vécu à Olechky, a indiqué qu’environ 1 000 habitants lui avaient fait part de leur volonté de quitter la ville.

Le convoi s’est rassemblé à Armiansk, située à environ 85 kilomètres au sud d’Olechky, dans une partie de l’Ukraine occupée par la Russie. Dmytro Loubinets, présenté comme médiateur ukrainien et négociateur en chef, y était aux côtés de son homologue russe Iana Lantartova. Cette dernière a annoncé, dans une vidéo diffusée depuis Armiansk, la fin des évacuations et la répartition des passagers entre ceux souhaitant rejoindre la Russie et ceux voulant retourner vers le territoire contrôlé par Kyiv.

Un trajet vers l’Ukraine particulièrement long

Le choix de rejoindre l’Ukraine implique toutefois un itinéraire complexe. La télévision publique ukrainienne, citée par TV5MONDE, a indiqué que les personnes concernées devaient parcourir plusieurs centaines de kilomètres et entrer en Ukraine par sa frontière nord avec la Biélorussie, après un passage par la Crimée et la Russie.

Avant le passage du convoi, les itinéraires d’accès à Olechky ont été déminés. Les autorités ont indiqué que deux personnes avaient été tuées au cours de ces opérations.

Une trêve limitée dans une guerre qui se poursuit

Cette pause locale n’a pas interrompu les combats sur les autres fronts. Le 29 octobre, une frappe russe contre la gare de Dnipro a fait 13 morts, selon le média. Le ministère russe de la Défense a par ailleurs affirmé avoir abattu plus de 1 000 drones ukrainiens en une nuit. De son côté, l’armée de l’air ukrainienne a déclaré que la Russie avait lancé des missiles balistiques, d’autres projectiles et de nombreux drones.

Selon la Maison-Blanche, les États-Unis ont joué un rôle central dans la facilitation de cette mission, avec l’intervention de la Première dame Melania Trump. Le pape Léon XIV avait également appelé les dirigeants russes et ukrainiens à venir en aide aux habitants d’Olechky.