L’information judiciaire ouverte contre Mariama Ba, dite Nourah Ba, s’étend à l’origine de ses documents d’identité. L’influenceuse, placée sous mandat de dépôt après avoir été présentée au parquet le 12 octobre, est notamment poursuivie pour faux et usage de faux en lien avec ces documents, en plus d’accusations relatives à des publications. Elle conteste les faits qui lui sont reprochés et demeure présumée innocente.

Une procédure pour établir tardivement un acte de naissance

Le jugement supplétif, expression couramment employée pour désigner une autorisation judiciaire d’inscription, permet de régulariser une naissance lorsqu’aucun acte n’a été établi dans les délais. Le Code de la famille prévoit cette intervention judiciaire au-delà d’un an après la naissance.

La demande est portée devant le tribunal compétent et doit être étayée, notamment par un certificat d’accouchement ou par des témoignages. Si le juge autorise l’inscription, l’officier d’état civil peut alors dresser l’acte de naissance. Ce document sert ensuite de base à l’établissement des pièces d’identité.

Des vérifications annoncées à Nguidilé et à Louga

Dans le dossier, des vérifications auraient été engagées auprès de la mairie de Nguidilé, présentée comme la commune de naissance déclarée de Mariama Ba, ainsi qu’auprès de la Direction de l’automatisation du fichier. Les enquêteurs chercheraient notamment à déterminer si un jugement supplétif a été obtenu au tribunal de Louga.

Selon la version attribuée à Mariama Ba par SeneNews, elle utilisait depuis son enfance un extrait de naissance obtenu par ses parents. En 2023, elle aurait été informée que ce document était invalide car le même numéro était associé à un autre titulaire, avant d’entreprendre des démarches de régularisation.

L’existence d’un jugement supplétif à Louga restait à confirmer au moment des premières vérifications rapportées. L’état civil de Nguidilé indiquait alors ne pas avoir reçu de réquisition officielle.

Un autre mis en cause dans l’enquête

Ibrahima Ndiaye, conseiller municipal à Niomré, aurait été placé sous mandat de dépôt le 16 octobre. Il est soupçonné d’avoir facilité l’obtention d’un extrait de naissance. D’après les informations rapportées, il aurait reconnu avoir perçu 20 000 F CFA ; ses avocats n’avaient pas commenté cet élément. Les circonstances d’obtention des documents et les responsabilités éventuelles relèvent de l’instruction.

À Louga, le président du tribunal de première instance a indiqué que les litiges liés à l’état civil représentaient 80 % des contentieux traités par sa juridiction. Plusieurs communes du département ont engagé, depuis 2022, la numérisation de leurs centres d’état civil afin de mieux sécuriser les données.