La Liste étudiante, soutenue par le mouvement étudiant serbe, entend engager sans attendre son programme de lutte contre la corruption. Après les élections législatives du 25 octobre, dont le résultat définitif restait attendu de la Commission électorale centrale, le mouvement a réclamé les démissions de plusieurs hauts responsables des services de sécurité.

Selon les chiffres officiels disponibles après le décompte quasi total des suffrages, la liste devait obtenir 140 sièges sur les 250 que compte l’Assemblée. Ce total lui assurerait une majorité. Le scrutin mettrait fin à quatorze années de gouvernement d’Aleksandar Vucic et de son Parti progressiste serbe (SNS).

Des demandes visant trois responsables sécuritaires

Filip Ubovic, responsable du mouvement étudiant, a présenté le vote comme un mandat en faveur de l’État de droit, de l’égalité devant la loi et de l’ouverture des institutions. Il a déclaré que la mise en œuvre de cette orientation devait commencer avant même la formation d’un gouvernement.

Dans ce cadre, la Liste étudiante demande le départ du directeur de la police, du commandant de l’unité antiterroriste et du directeur de l’Agence d’information de sécurité, la BIA, chargée du renseignement. Svetlana Stanarević, candidate de la liste, a accusé ces responsables d’avoir enfreint la loi. Elle a particulièrement mis en cause la direction du renseignement intérieur, qu’elle estime utilisée comme un instrument partisan plutôt que comme un service de l’État.

Le dossier de Novi Sad remis en avant

Le mouvement appelle aussi à rouvrir ou à accélérer les procédures liées à l’effondrement d’une marquise à la gare ferroviaire de Novi Sad. La catastrophe, survenue près de deux ans auparavant, a fait 16 morts. Aucune condamnation n’avait alors été prononcée.

Iva Marković, candidate de la Liste étudiante et fondatrice de l’initiative « Le droit à l’eau », a lié cette priorité à une frustration durable envers le fonctionnement des institutions publiques. Elle a appelé les procureurs à poursuivre les infractions et la police à mener les enquêtes, sans pression politique.

Un mouvement sans structure partisane traditionnelle

La Liste étudiante se distingue des formations politiques classiques par l’absence de chef et de hiérarchie formelle. Les étudiants ont constitué la liste des candidats, mais ils ne doivent pas exercer de contrôle direct sur les élus après leur entrée en fonctions. Selon le politologue Slobodan Tomić, les futurs députés ont toutefois signé un engagement à appliquer le programme établi par le mouvement.

Aleksandar Vucic a reconnu sa défaite, tout en qualifiant l’action du mouvement de « terreur révolutionnaire ». L’ancien pouvoir a annoncé vouloir constituer une opposition « forte et féroce ».