Des dizaines de milliers de manifestants se sont réunis dimanche à New Delhi pour contester la révision des listes électorales en Inde et demander la démission du président de la Commission électorale. Le rassemblement, porté par les partis d’opposition, était conduit par Rahul Gandhi, dirigeant du Parti du Congrès.

Cette mobilisation intervient après plusieurs semaines de contestation autour d’une procédure accusée par ses détracteurs de pénaliser certains électeurs. Selon des informations de presse citées par l’AFP, plus de 133 millions d’inscriptions auraient été radiées dans le cadre de cette révision. Les opposants estiment que les minorités, notamment musulmanes, auraient été affectées de manière disproportionnée.

Deux lectures opposées de la révision

Rahul Gandhi a rejeté les radiations intervenues sur les listes et présenté le mouvement comme une défense de la démocratie et de la Constitution. Dans le cortège, des manifestants ont repris des slogans dénonçant un détournement du vote. Une participante interrogée par l’AFP a affirmé avoir découvert que son nom avait été retiré des listes alors qu’elle vote depuis l’âge de 18 ans.

Les autorités électorales justifient, de leur côté, la révision par la nécessité de supprimer les doublons, les personnes décédées et les inscriptions frauduleuses. Human Rights Watch critique un processus qu’elle qualifie d’arbitraire et demande son abandon, estimant qu’il peut priver les populations les plus marginalisées du droit de vote ainsi que d’autres services publics.

Une pression politique sur la Commission électorale

La manifestation de New Delhi s’inscrit dans une série d’actions menées depuis plusieurs semaines par l’opposition, qui réclame le départ du chef de la Commission électorale. Le mois précédent, des milliers de manifestants avaient été arrêtés, selon l’AFP.

Le pouvoir rejette les accusations formulées par les organisateurs. Jagat Prakash Nadda, ministre de la Santé et responsable du parti au pouvoir, a décrit le rassemblement comme une opération préparée par des adversaires politiques battus à plusieurs reprises dans les urnes. Il a également accusé ses promoteurs de chercher à provoquer le désordre dans le pays.

Pour l’analyste politique Rasheed Kidwai, la participation observée dimanche constitue un élément favorable au Parti du Congrès, engagé dans une tentative de reconquête après plusieurs revers électoraux. Il relève aussi un regain d’attention autour de Rahul Gandhi.