Les systèmes d’alerte destinés aux civils ont été visés par des attaques informatiques en Ukraine comme en Russie, selon les autorités des deux pays. À Kiev, l’application officielle qui prévient en temps réel des menaces de frappes aériennes a diffusé de fausses notifications dans la nuit de dimanche à lundi. Quelques heures plus tard, le ministère russe des Situations d’urgence a rapporté une attaque contre sa propre application mobile.

Ces services ont une fonction centrale dans les deux pays en guerre : en Ukraine, l’application permet de suivre les alertes selon les régions, districts ou localités ; en Russie, celle du ministère des Situations d’urgence informe notamment la population des attaques de drones ukrainiens et d’autres dangers.

De faux avertissements diffusés en Ukraine

L’armée de l’Air ukrainienne a confirmé le piratage de l’application nationale d’alerte. Des utilisateurs ont reçu des messages inhabituels, dont certains faisaient référence à une menace de radiations nucléaires. D’autres alertes évoquaient une menace chimique ou encore des bagarres de rue, a rapporté la BBC.

Le Centre ukrainien pour les communications stratégiques, Spravdi, a attribué l’attaque à la Russie. L’organisme a relevé la présence de messages en russe mentionnant « Orechnik », présenté comme un missile russe. Cette attribution constitue la position des autorités ukrainiennes ; aucune revendication n’a été signalée.

La diffusion de telles alertes intervient dans un pays où les notifications de danger aérien font partie du quotidien depuis le début de l’invasion russe à grande échelle en février 2022. Les faux messages ont ainsi porté sur des menaces particulièrement anxiogènes, sans correspondre à une alerte officielle réelle.

Moscou évoque une « cyberattaque massive »

En Russie, le ministère des Situations d’urgence a indiqué que son application mobile avait été touchée par une « cyberattaque massive ». Selon le ministère, l’opération a permis la diffusion de fausses informations auprès de la population.

Les autorités russes ont précisé que des travaux étaient engagés afin de corriger la vulnérabilité identifiée et de rétablir le fonctionnement normal de l’application. Moscou n’avait pas désigné de responsable au moment de cette communication.

Des incidents survenus après une trêve locale

Les deux épisodes ont été signalés peu après l’expiration d’une trêve de six jours à Olechky, ville de la région de Kherson située près de la ligne de front. Cette pause avait permis l’évacuation d’habitants confrontés à des pénuries et à des combats impliquant des drones russes et ukrainiens.

D’après les informations rapportées, ni Kiev ni Moscou n’avaient fait état de violation de cet accord localisé. Après son terme, le chef de l’administration militaire de la région de Kherson, Oleksandre Prokoudine, a appelé les habitants à rester particulièrement vigilants et à réagir sans délai aux avertissements concernant d’éventuelles attaques russes.