Quelques heures avant d’apprendre sa mort, Paul Gomis partageait encore un café avec Adja. Le chauffeur raconte cette dernière rencontre avec sa collègue, décédée lundi 26 octobre 2026 dans l’accident survenu dans le secteur de Mbeubeuss, à Malika. Leur échange du matin semblait ordinaire. L’appel téléphonique lui annonçant le drame a interrompu sa journée de travail.

Interrogé sur place, il explique avoir rejoint les lieux après avoir reçu la nouvelle. Son témoignage porte d’abord sur la femme qu’il côtoyait au travail : une conductrice courageuse, généreuse, capable de rapprocher ses collègues. Il évoque une personne qui entretenait de bonnes relations avec les autres équipes et savait entretenir l’entraide autour d’elle.

Les paroles recueillies donnent à voir une vie professionnelle faite d’efforts quotidiens. Plusieurs collègues décrivent Adja comme une travailleuse qui comptait sur son activité pour faire vivre les siens. Ils expriment leur peine et adressent leurs condoléances à sa famille, aux chauffeurs et aux responsables du parc automobile.

Une attention constante portée à son véhicule

Un électricien du parc insiste sur le soin qu’elle apportait à son outil de travail. Lorsqu’elle ne conduisait pas, explique-t-il, il lui arrivait de nettoyer son camion ou de veiller à son entretien. Il se souvient également de son passage récent au garage pour une intervention sur le véhicule.

Ce collègue souligne qu’Adja laisse des enfants et qu’elle jouait un rôle important dans le soutien de son foyer. Il appelle à entourer sa famille. Le reportage ne précise toutefois ni le nombre ni l’âge de ses enfants.

Les témoignages livrés par ces travailleurs sont ceux de personnes qui connaissaient Adja dans son quotidien professionnel. Ils permettent de restituer son parcours sans la réduire aux circonstances de sa mort.

Au deuil s’ajoute une demande de sécurité

Les collègues interrogés évoquent aussi les conditions de circulation autour de Mbeubeuss. L’un d’eux demande des mesures pour sécuriser un virage et faciliter le passage des camions, dont l’activité se poursuit la nuit comme le jour.

Ils ne disposent pas pour autant d’une explication établie de l’accident. Paul Gomis, arrivé après les faits, avance une interprétation du choc sans se présenter comme témoin de son déclenchement. L’hommage à Adja se distingue ainsi de la recherche des responsabilités : ses collègues veulent saluer une travailleuse respectée tout en demandant que les circonstances du drame soient éclaircies.

Senegalinfos