La réserve animalière Vantara, en Inde, affirme vouloir mettre un terme aux importations d’espèces et privilégier l’aide aux animaux dans leur pays d’origine. Cette inflexion intervient alors que le site, installé à Jamnagar, dans le Gujarat, fait l’objet de critiques récurrentes d’organisations de défense de la faune sur l’ampleur de ses acquisitions et la provenance de certains pensionnaires.
Vantara dit héberger 150 000 animaux de plus de 2 000 espèces, issus d’une trentaine de pays, sur près de 1 500 hectares. Ces données, avancées par le centre, sont contestées par ses détracteurs. Le parc, fermé au public, est dirigé par Anant Ambani, fils de Mukesh Ambani, à la tête du groupe Reliance. Il emploie 4 000 personnes, selon le récit de l’AFP.
Des engagements sous surveillance
Les responsables de Vantara promettent de répondre aux critiques par davantage de transparence et de dialogue. Le site a recruté en août l’ancien secrétaire général de la Convention sur le commerce international des espèces menacées d’extinction (Cites), John Scanlon. Il préside un conseil chargé d’autoriser les futures acquisitions d’animaux.
La nouvelle orientation revendiquée par le parc consiste à intervenir, lorsque cela est possible, dans les pays où vivent les animaux plutôt que de les transférer en Inde. La Cites a pris note de cette volonté de changement, tout en appelant l’Inde à poursuivre ses investigations et à sanctionner les cas de commerce illégal.
Un groupe de 27 associations a indiqué qu’il suivrait la mise en œuvre de ces annonces. Daniela Freyer, de l’organisation Pro Wildlife, a notamment rappelé que Vantara avait importé des dizaines de milliers d’animaux sur une période courte et demandé que les violations éventuelles des règles aient des suites.
Les interrogations de la Cites
En 2025, la Cites avait estimé que certains spécimens présentés comme nés en captivité pouvaient ne pas provenir de captivité. L’organisation internationale avait mis en garde contre le risque que Vantara ne devienne, même indirectement, un canal de contrebande d’animaux sauvages.
Parmi les dossiers évoqués figurent des tortues provenant d’un élevage privé allemand et passées par le Togo puis la Belgique avant leur arrivée en Inde. La Cites s’est aussi interrogée sur l’importation d’aras de Spix, des perroquets brésiliens menacés, via l’Allemagne sans autorisation des autorités de Brasilia.
Vivaan Karani, directeur général de Vantara, conteste toute acquisition illégale. Il s’appuie sur les conclusions d’une commission d’enquête de la Cour suprême indienne qui, en 2025, avait déclaré n’avoir relevé ni infraction ni délit. Le parc réfute également les doutes exprimés autour d’un orang-outan de Tapanuli, espèce présente à l’état sauvage uniquement en Indonésie, et affirme attendre des analyses ADN pour établir qu’il appartiendrait à une autre espèce.
Conservation et réintroduction
Vantara s’est développé à partir de 2019, avec une accélération durant la pandémie de Covid-19, période durant laquelle de nombreux parcs étrangers confrontés à l’absence de visiteurs ont été fragilisés financièrement. Le centre affirme avoir recueilli des animaux venant notamment du Mexique, des pays du Golfe, de Thaïlande et d’Afrique du Sud.
La réserve participe aussi à un programme d’élevage de 200 guépards africains destiné à leur réintroduction en Asie. Les premiers guépards ont été relâchés en Inde en 2022, alors que l’espèce y est officiellement considérée comme disparue depuis 1952. Vantara dit avoir mené des réintroductions d’antilopes et envisager des programmes concernant des chiens sauvages, des tortues et des dauphins d’eau douce.
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