L’Afrique du Sud doit organiser des élections municipales mercredi dans un contexte de violences politiques, particulièrement sensible dans la province du KwaZulu-Natal. À Durban, des élus locaux et des acteurs de la société civile décrivent une pression persistante sur les responsables de proximité, alors que le scrutin constitue aussi un test pour l’ANC, dont l’influence est présentée comme en recul.
Le bilan des assassinats politiques varie selon les organismes cités. L’Initiative mondiale contre la criminalité organisée évoque 43 morts depuis le début de l’année, tandis que les autorités sud-africaines en comptabilisent 20. Ces dernières identifient le KwaZulu-Natal comme la zone la plus exposée à ce phénomène.
Des élus municipaux exposés
Les violences touchent fréquemment des élus locaux. Plusieurs facteurs sont mis en avant : les soupçons de corruption, la proximité de certains responsables avec des réseaux criminels et les rivalités au sein des formations politiques.
Thabani Nyawose, porte-parole du conseil municipal de Durban et membre de l’ANC, a évoqué le récent double assassinat de personnes qui menaient campagne dans le sud de la ville. Il estime que ces attaques portent atteinte à l’image de la démocratie sud-africaine et à la possibilité d’un débat politique respectueux.
Le responsable municipal indique lui-même recevoir parfois des menaces. Il décrit des formes d’intimidation pouvant aller jusqu’au dépôt d’une balle devant le domicile d’un élu ou dans sa boîte aux lettres. Ces pratiques viseraient à faire pression sur les conseillers municipaux.
Chômage et enjeu des mandats locaux
Mxolisi Nyuswa, représentant du conseil chrétien du KwaZulu-Natal, relie également la violence électorale à la situation économique. Le taux de chômage sud-africain dépasse 30 %, selon les éléments rapportés. Dans ce contexte, l’accès à un mandat de conseiller municipal peut être perçu comme une source de revenus et un débouché professionnel.
Cette compétition autour des fonctions locales contribuerait, selon lui, à accroître les risques de violence. Le conseil chrétien du KwaZulu-Natal a annoncé renforcer son action contre les violences politiques à travers des programmes de médiation, de dialogue et d’accompagnement des lanceurs d’alerte.
Un scrutin sous tension pour l’ANC
Les municipales interviennent à un moment où l’ANC est confronté à une perte d’influence. À Durban, le double assassinat évoqué par Thabani Nyawose a endeuillé le parti pendant la campagne. La sécurité des candidats, des élus et des électeurs s’ajoute ainsi aux enjeux politiques du scrutin.
Les écarts entre les décomptes de morts montrent que l’ampleur précise des assassinats politiques fait l’objet d’évaluations distinctes. Tous les acteurs cités convergent toutefois sur la vulnérabilité particulière du KwaZulu-Natal et sur la place centrale des élus municipaux dans ces violences.
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