Des organisations de défense des droits humains demandent aux autorités maliennes de révéler le sort de l’avocat et ancien ministre Mountaga Tall, ainsi que celui de son fils Cheick Mamadou Tall. Tous deux sont détenus dans un lieu non communiqué, selon les informations rapportées par leurs avocats et les ONG mobilisées.
Mountaga Tall a été emmené à son domicile dans la nuit du 2 au 3 mai par des hommes encagoulés présentés comme appartenant à la Sécurité d’État. Son fils a été arrêté quelques jours plus tard. Près de six mois après ces faits, aucune information officielle sur leur situation n’avait été rendue publique.
Amnesty réclame une présentation devant la justice ou une libération
Dans un communiqué publié le 3 novembre, Amnesty International a demandé aux autorités de transition de faire connaître sans délai le lieu de détention des deux hommes et leur situation. L’organisation réclame également qu’ils puissent entrer en contact avec leurs proches, leurs avocats et des médecins, et qu’ils aient accès aux médicaments dont ils pourraient avoir besoin.
L’ONG rappelle que, s’ils sont soupçonnés d’infractions, ils doivent être présentés à un juge, connaître précisément les accusations retenues contre eux et bénéficier des garanties d’un procès équitable. À défaut, Amnesty International demande leur remise en liberté.
Les avocats de la famille ont engagé des démarches auprès de la justice malienne et du Comité des disparitions forcées des Nations unies. Le bâtonnier du Mali, la Conférence internationale des barreaux et la Commission africaine des droits de l’homme et des peuples ont également saisi ou interpellé les autorités, selon les informations rapportées.
Quatre militants présentés à un juge
La situation de Mountaga Tall intervient alors que quatre autres militants pro-démocratie arrêtés en mai par les services maliens ont réapparu récemment. Youssouf Daba Diawara, Aboubacar Soumaré, Moussa « Abba » Djiré et Ibrahima Tamega ont été présentés à un juge le 20 octobre.
Ils sont poursuivis pour « atteinte au crédit de l’État », « association de malfaiteurs » et « tentative de déstabilisation ». Les faits précis qui fondent ces poursuites n’ont pas été détaillés dans les éléments rendus publics.
Leurs proches les ont décrits comme très amaigris, avec des membres enflés pour certains, et traumatisés après plusieurs mois de détention dans des lieux et des conditions non rendus publics. Ils n’auraient pas encore été autorisés à consulter un médecin.
Un contexte de pressions dénoncé par les ONG
Human Rights Watch estime que ces disparitions s’inscrivent dans une répression plus large visant l’opposition politique, les médias et les voix dissidentes. L’organisation évoque notamment des suspensions et interdictions de médias, la dissolution d’organisations de la société civile, l’abolition du multipartisme ainsi que des détentions arbitraires et disparitions forcées.
Mountaga Tall s’était impliqué ces dernières années dans plusieurs procédures sensibles, contestant notamment devant les tribunaux la dissolution d’organisations politiques et assurant la défense de l’ancien Premier ministre Moussa Mara.
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